LIVRES OUVERTS

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13 mars 2012

Printemps des poètes 2012 ~ 8

 

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LE ROI DES AULNES

 

Quel est ce chevalier qui file si tard dans la nuit et le vent ?
C'est le père avec son enfant ;
Il serre le petit garçon dans son bras,
Il le serre bien, il lui tient chaud.

 

« Mon fils, pourquoi caches-tu avec tant d'effroi ton visage ?
— Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le Roi des Aulnes avec sa traîne et sa couronne ?
— Mon fils, c'est un banc de brouillard.

 

— Cher enfant, viens, pars avec moi !
Je jouerai à de très beaux jeux avec toi,
Il y a de nombreuses fleurs de toutes les couleurs sur le rivage,
Et ma mère possède de nombreux habits d'or.

 

— Mon père, mon père, et n'entends-tu pas,
Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?
— Sois calme, reste calme, mon enfant !
C'est le vent qui murmure dans les feuilles mortes.

 

— Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles s'occuperont bien de toi
Mes filles mèneront la ronde toute la nuit,
Elles te berceront de leurs chants et de leurs danses.

 

— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes dans ce lieu sombre ?
— Mon fils, mon fils, je vois bien :
Ce sont les vieux saules qui paraissent si gris.

 

— Je t'aime, ton joli visage me charme,
Et si tu ne veux pas, j'utiliserai la force.
— Mon père, mon père, maintenant il m'empoigne !
Le Roi des Aulnes m'a fait mal ! »

 

Le père frissonne d'horreur, il galope à vive allure,
Il tient dans ses bras l'enfant gémissant,
Il arrive à grand-peine à son port ;
Dans ses bras l'enfant était mort.

Johan Wolfgang von Goethe (adapté par Charles Nodier)

printemps des poètes



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Posté par tinusia à 00:23 - POÉSIE - Qu'en pensez-vous ? [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Et bien, moi qui ais connu une grande période Goethe, il aura fallu que tu publies ce poème pour que je prenne enfin le temps de le lire !
    ( dit la blogueuse qui se promène sur les blogs au lieu d'écrire pour le sien [Zen] )

    Posté par emmyne, 13 mars 2012 à 12:22
  • @ emmyne

    Je ne suis pas une fan de Goethe, loin de là
    Mais ce poème, qui évoque l'enfant, m'a semblé de circonstance dans ce Printemps. D'une part, il existe l'angélisme (auquel je rends hommage, aussi), d'autre part, une certaine vérité "crue" qui dit que l'enfance n'est pas toujours en adéquation avec le bonheur...
    Mais quand même ! l'enfance a ceci de merveilleux qu'elle nous maintient en jeunesse !

    Posté par Tinusia, 13 mars 2012 à 13:15
  • Merci pour ce poème que je ne connaissais pas du tout et surtout Bon Bloganniversaire !!!! Petite cachottière, heureusement que Canalblog t'a trahie sur sa page d'accueil Littérature !! Plein de bisous et à bientôt !

    Posté par soukee, 13 mars 2012 à 15:09
  • @ Soukee

    Eh bien, c'est toi qui m'apprends la nouvelle !!! Je ne savais pas du tout que Livres Ouverts fêtait son anniversaire
    Ce poème, je l'ai étudié il y a fort longtemps... en terminale, je crois ! Il m'était complètement sorti de la mémoire, mais, en préparant cette participation au "Printemps", je l'ai retrouvé, et j'ai pensé qu'il était de circonstance, comme je le disais à Emmyne.
    Bisous, ma Soukee. Je pense à toi.

    Posté par Tinusia, 13 mars 2012 à 21:48

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